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vendredi 12 juin 2015

Guadeloupe : Saint-Claude : fouille préventive Habitation Beausoleil : journées portes ouvertes

Habitation_Beausoleil_BQ.jpg

En amont de l’implantation de logements sociaux par la Semsamar, route de Belfond, à Saint-Claude, un diagnostic archéologique, réalisé par l’Inrap en 2012, a révélé les vestiges d’édifices et d’aménagements datés des XVIIIème et du début du XXème siècle, en lien avec l’habitation sucrière Beausoleil, l’une des plus importantes propriétés de Saint-Claude depuis la seconde moitié du XVIIème siècle. La fouille archéologique préventive réalisée est actuellement par l’Inrap. Elle a été prescrite par l’État (direction des Affaires culturelles, service Régional de l’Archéologie de Guadeloupe). Elle est menée sur une superficie de 3200 m² à l’emplacement des derniers bâtiments résidentiels datant du XIXème siècle.

* l'affiche (pdf)

Accès : A St-Claude, route de Belfond. Accès et parking par l’entrée des locaux du Conseil Général (ancienne entrée du siège du Parc National)
source : Inrap


Nous reviendrons ultérieurement dans ce blog sur les résultats scientifiques de cette opération.

lundi 30 mars 2015

Guadeloupe : Capesterre-Belle-Eau : plage de Roseau : fouille d'un site amérindien tardif

ttt Du 16 février au 14 avril une équipe de l'Inrap dirigée par Martijn Van den Bel fouille une partie du site amérindien de Roseau à Capesterre-Belle-Eau. Ce site a été découvert en 1990 par Gérard Richard, archéologue à la Région Guadeloupe, qui y a réalisé des sondages en 2001 et 2002, mettant en évidence un vaste site à occupations multiples qui résulte de l'implantation de plusieurs villages successifs depuis environ 1000 après J.-C. jusqu'à la période du contact avec les européens (fichier pdf).

col de "jarre à olives" espagnole trouvé sur le site
(cliché C. Stouvenot. SRA Guadeloupe)

Le projet de réalisation d'un parking par la commune de Capesterre-Belle-Eau a justifié la mise en place d'une fouille archéologique préventive après que des vestiges amérindiens aient été identifiés lors de sondages préliminaires (C. Stouvenot, SRA Guadeloupe) et caractérisés par un diagnostic archéologique (N. Serrand, Inrap). Les découvertes révèlent un site d’habitat tardif avec une occupation débutant au début du néoindien récent (vers 1100 ap. JC) et se terminant vers le début du XVIIe siècle. Certains éléments retrouvés dans les niveaux archéologiques montrent clairement l'existence de contacts avec les européens : présence de fragments de jarres à olives de production espagnole, perles en verre, ossements de grands mammifères quadrupèdes comme un os de mulet. La céramique amérindienne est de type "Cayo" c'est à dire très tardive comme celle du site de Cayo situé à Saint-Vincent (Boomert 1986). Ces populations sont donc celles qui ont vécu le contact avec les européens et en particulier les espagnols : il s'agit probablement des peuples Kalinagos ou "Caraïbes insulaires" que Christophe Colomb trouva en Guadeloupe lors de son passage durant le deuxième voyage en 1493. Il pourrait même s'agir du village décrit par Christophe Colomb bien que les textes laissés par ses coéquipiers ne permettent pas de localiser précisément le point d'accostage de C. Colomb en Guadeloupe (certains auteurs contestent la localisation de Sainte-Marie).

La présence de très grandes fosses et d'un long fossé sont également des caractéristiques intrigantes de ce site qu'il conviendra d'élucider.

En dépit de plus de 150 années de coexistence des européens et des amérindiens dans l'aire antillaise, ces sites de "contact" bien représentés dans les Grandes Antilles restent encore très rares dans les Petites Antilles où l'on connaît entre autres le site de Cayo précédemment cité et le site d'Argyle également à Saint-Vincent fouillé en 2009 et 2010 (Hofman, Hoogland 2012)

La fouille se poursuit encore quelques jours et une journée portes ouvertes est organisée par l'Inrap ce mercredi 1er avril 2015 : annonce sur le site web de l'Inrap

Références bibliographiques :

BOOMERT, Arie, 1986. The Cayo Complex of St. Vincent : Ethnohistorical and Archaeological Aspects of the Island Carib Problem. In : Antropológica. 1986. Vol. 66, p. 3‑68. 526-183, 526-V

RICHARD Gérard, 2004. Document Final de synthèse. Site de l’arrière plage de Roseau. Commune de Capesterre-Belle-Eau. Sainte Marie. Guadeloupe. Sondages 2001-2002. rapport n° SRA 262. Service Archéologique du Conseil Régional de la Guadeloupe.

RICHARD Gérard, 2005. Le site archéologique de la Plage de Roseau à Capesterre Belle Eau, révélateur d’une occupation caraïbe insulaire en Guadeloupe - The Archaeological Site of Roseau’s Seaside at Capesterre Belle Eau. Revealer of Insular Carib’s Occupation in Guadeloupe. In : Actes du XXe Congrès International d’Archéologie de la Caraïbe : Santo Domingo, 2003. p. 15‑22. fichier pdf

HOFMAN Corinne et HOOGLAND Menno, 2012. Caribbean encounters: rescue excavations at the early colonial Island Carib site of Argyle, St. Vincent. In : The End Of Our Fifth Decade. Faculty of the Leiden University. Leiden p. 63‑76. ISBN 9789081810913 (fichier pdf)

LE LAY Alice, 2013. Étude du mobilier céramique du site de l'arrière-plage de Roseau. Vers une caractérisation culturelle de l'occupation post-Saladoïde en Basse-Terre de Guadeloupe (1000-1500 apr. J.-C.). Mémoire de Master 2. Université Paris I. Paris Panthéon Sorbonne. téléchargeable sur academia.edu

STOUVENOT Christian, 2013. Compte rendu de sondages archéologiques. Projet d’aménagement de la plage de Roseau. Capesterre-Belle-Eau. Rapport d’opération archéologique n° SRA 551. DAC Guadeloupe, Service régional de l’archéologie.

SERRAND Nathalie, CASAGRANDE Fabrice, JORDA Christophe, TOMADINI Noémie, 2014. Guadeloupe, Capesterre-Belle-Eau, Sainte-Marie. Plage de Roseau. Rapport de diagnostic archéologique. Inrap.

Informations : SRA Guadeloupe et Inrap

samedi 14 février 2015

Guadeloupe : Trois-Rivières : découverte de 80 nouvelles roches gravées précolombiennes à Petit-Carbet

Petit_Carbet.jpg Une opération de prospection archéologique menée en décembre 2014-janvier 2015 dans le quartier de Petit Carbet à Trois-Rivières par Julien Monney, chercheur-doctorant à l'université Paris 1, a conduit à la découverte d'un ensemble rupestre considérable constitué d'au moins 80 roches gravées. Le terrain, une parcelle privée d'une superficie de 4 hectares, est voisin du site de Derussy-Petit-Carbet site déjà connu antérieurement (voir notre billet du 2 septembre 2014). C'est à la suite de travaux de défrichement pour une mise en culture que trois roches portant des gravures précolombiennes sont découvertes en août 2013. Une opération d'évaluation du site est alors mise en place par la Direction des Affaires Culturelles (Ministère de la Culture) et a été menée durant les mois de décembre et janvier.

Cliché : D. Bonnissent, DAC Guadeloupe

Le site est fortement boisé et embroussaillé, ceci compliquant considérablement les recherches, les roches étant enfouies sous une dense végétation luxuriante. Pour réaliser le défrichement du terrain, il est fait appel au RSMA (Régiment du Service Militaire Adapté) qui intervient les deux premières semaines de décembre avec ses jeunes recrues, les "Cadets" qui seront 40 à travailler sur le site, et avec l'aide de la Mairie de Trois-Rivières qui met à disposition repas et locaux d’hébergement. Quelques nouvelles roches sont signalées par les Cadets du RSMA au moment du défrichement.

Les explorations de Julien Monney conduisent très rapidement à la découvertes d'autres roches, jusqu'à atteindre le nombre de 80 en fin d'opération, chiffre qui augmentera sans doute encore à l’avenir, la parcelle n'ayant pas été explorée en totalité. La typologie du site commence à s'affiner : à l'instar du site voisin de Derussy, avec lequel il forme maintenant un même ensemble, les gravures trouvées sont des représentations le plus souvent assez simples : visages anthropomorphes formés de deux yeux et d'une bouche, parfois du nez, dessinés sur de petits blocs de nature volcanique. La roche étant quelque peu friable, les gravures sont le plus souvent un peu érodées, parfois presque complètement effacées. Leur repérage est difficile, la recherche sur le terrain demandant un œil entraîné à ce genre d'exercice et capable d'accrocher des traces paraissant parfois insignifiantes mais qui s’avèrent positives après un examen approfondi. Julien Monney travaille avec des outils spécifiques comme l'utilisation d'une lampe LED de forte puissance permettant d'utiliser même en plein jour un éclairage rasant révélant le relief et facilitant la visualisation des gravures. Il réalise aussi des modèles numériques 3D par photogrammétrie, technique ne nécessitant qu'un appareil photo, un ordinateur doté d'une bonne mémoire et un logiciel de photogrammétrie ... ainsi qu'une bonne dose de savoir faire !

Ainsi l'ensemble de Petit-Carbet, avec plus de 160 figurations rupestres, conforte sa position de site le plus important de Guadeloupe en nombre de figurations, et probablement des Petites Antilles, même si les représentations n'atteignent pas le degré de qualité et de complexité d'autres sites comme celui du Parc Archéologique des Roches Gravées localisé sur la même commune de Trois-Rivières.

Le travail avec le RSMA, sur le site web de la DAC et sur le site web du journal France Antilles

Le site web du RSMA (Régiment du Service Militaire Adapté)

Les recherches de Julien Monney ont été réalisées avec la participation de l'association Archéologies

Pour visiter un site rupestre en Guadeloupe : le Parc Archéologique des Roches Gravées à Trois-Rivières, ouvert au public

Source : DAC Guadeloupe

samedi 31 janvier 2015

Martinique : Sainte-Anne : Fouilles à l'Anse Trabaud (Université de Leiden)

L'université de Leiden poursuit ses fouilles archéologiques à l'Anse Trabaud, dont la première campagne a eu lieu en 2012. Ce site amérindien tardif (troumassoïde et suazoïde, 850-1450 après J.-C) est caractérisé par sa situation près du littoral et une grande variabilité de la morphologie et sédimentologie côtière au cours du temps, avec un enfouissement des vestiges pouvant dépasser deux mètres de profondeur. Le milieu humide a favorisé la préservation du mobilier ligneux et plusieurs objets en bois comme une calebasse ont été retrouvés. Les deux campagnes de fouilles (2012 et 2015) ont été dirigées par Corinne Hofman et Meno Hoogland. La campagne 2015 s'intègre dans le programme Nexus 1492 financé par l'European Research Council. Outre les études classiques de mobilier céramique et lithique, et l’approche géomorphologique du site, les études se focaliseront aussi sur les ressources alimentaires animales (faune vertébrée) et végétales (microrestes végétaux).

La page de l'Université de Leiden

La page du projet Nexus 1492

Guadeloupe : Goyave : fouille d'un habitat précolombien et d'un moulin de sucrerie à Sainte-Claire (2)

Ingenieurs_Roi_Goyave.png L'Inrap a mis en ligne une page sur la fouille réalisée en octobre-novembre 2014 sur le site de Sainte-Claire à Goyave (Guadeloupe) et qui a avait fait l'objet d'un premier billet sur ZemiBlog à l'occasion des journées portes ouvertes organisées sur ce chantier. Une vidéo de 7 minutes permet de suivre la présentation du site commentée par Martijn Van den Bel, responsable de l'opération, Nicolas Biwer, responsable du secteur de fouille de la sucrerie et Gérard Lafleur, historien à la Société d'Histoire de la Guadeloupe.



La page ZemiBlog (1) sur ce sujet (22 décembre 2014)

La page Inrap relatant cette fouille préventive

Le lien vers la vidéo Inrap

mardi 23 décembre 2014

Guadeloupe : Capesterre-de-Marie-Galante : Grotte du Morne Rita

gravure_Morne-Rita.jpg relevé sur modèle numérique 3D (Julien Monney et Pascal Mora)

Une opération de fouille archéologique et de relevés est menée dans cette grotte ornée depuis 2011 avec l'Association Archéologies et sous la direction de Pierrick Fouéré (Inrap et CNRS UMR 5608 TRACES). La campagne 2014 vise à terminer les relevés des quelques 135 gravures rupestres répertoriées dans la cavité et dont une vingtaine ont été découvertes au cours de cette opération. Ces relevés sont effectués par Julien Monney, doctorant en préhistoire à l'Université Paris 10, en se basant sur un modèle numérique 3D produit par photogrammétrie par Pascal Mora du laboratoire Archéovision de l'Université de Bordeaux. Durant ces trois années l'exploration de cette cavité aura fourni des résultats totalement inattendus : considérée comme occupée au Néoindien ancien et récent en raison de la présence de mobilier céramique rattaché à ces cultures, les sondages ont également révélé des couches plus anciennes d'âge précéramique et en particulier des sépultures dont l'une a été datée vers 2500 avant J.-C. Cette dernière datation confère à la Grotte du Morne Rita le statut de plus ancienne occupation précolombienne actuellement connue en Guadeloupe. L'équipe envisage une publication monographique de ce site après une ultime intervention en 2015 visant à dater directement les pigments noirs présents sur l'une des représentations rupestres.

Documentation, par l'équipe menant cette recherche :

FOUÉRÉ, Pierrick, BAILON, Salvador, BONNISSENT, Dominique, CHANCEREL, Antoine, COURTAUD, Patrice, DEGUILLOUX, Marie-France, GROUARD, Sandrine, LENOBLE, Arnaud, MONNEY, Julien, MORA, Pascal, PINÇON, Kevin, QUEFFELEC, Alain, SERRAND, Nathalie et TOMADINI, Noémie :

2014. Capesterre-de-Marie-Galante. Grotte du Morne Rita. In : Bilan scientifique de la région Guadeloupe, de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin. Service Régional de l'Archéologie de Guadeloupe 2011-2012-2013. p. 34‑37 (2011), p. 82-83 (2012), p. 144‑145 (2013).

2014. La Grotte du Morne Rita (Commune de Capesterre de Marie-Galante, Guadeloupe). Rapport de sondages archéologiques et relevé d’art pariétal, 2013. Rapport n° SRA 578. SRA Guadeloupe. Association Archéologies.

Martinique : journée d'études du projet "Les territoires de la ville, de l’archipel des Antilles au plateau des Guyanes : espaces, sociétés et relations (XVIe-XXIe siècles)"

histoire_villes_antilles_guyane_2014.jpg

Le département d'histoire du laboratoire AIHP-GEODE, site web provisoire de l'université des Antilles organise en Martinique un cycle de journées d'études en partenariat avec l'Inrap. Ces journées sont intégrées au projet animé par Dominique Rogers, historienne : "Les territoires de la ville, de l’archipel des Antilles au plateau des Guyanes : espaces, sociétés et relations (XVIe-XXIe siècles)".



  • La première journée s'est tenue le 24 octobre 2014, avec pour thème "Regards pluriels sur l’archéologie urbaine dans l’archipel des Antilles".
  • La deuxième les 5 et 6 décembre 2014 : "Les espaces de la ville"

D'autres ateliers sont prévus en février 2015, abordant différentes thématiques :

  • Les villes, les aspects économiques et sociaux
  • Les cultures urbaines
  • Aménager et construire l’espace urbain des villes antillaises

Contacts :

lundi 22 décembre 2014

Guadeloupe : Goyave : fouille d'un habitat précolombien et d'un moulin de sucrerie à Sainte-Claire

Une fouille archéologique s'est déroulée du 7 octobre au 28 novembre 2014 sur le site de la future station d'épuration de la commune de Goyave, quartier Sainte-Claire. Cette opération prescrite par le Service Régional de l'Archéologie de Guadeloupe, après un diagnostic conduit en 2013 par Jérôme Briand (Inrap), a été réalisée par une équipe de l'Inrap sous la direction de Martijn Van den Bel, secondé par Nicolas Biwer pour la période coloniale. Les deux périodes précolombiennes et coloniales sont représentées sur le site.

Step-goyave_fosse.jpg Les vestiges précolombiens sont ceux d'un village occupant le sommet d'un éperon dominant la plaine littorale et la Petite Rivière-à-Goyave. Plus de 300 fosses et trous de poteaux ont été fouillés. Certains trous de poteaux atteignent plus de 1m80 de profondeur, indice de très grandes constructions. Le mobilier céramique extrait permet une attribution au Néoindien récent (Age Céramique récent), datation qui pourra être affinée après étude complète de la céramique et datations au radiocarbone. Il s'agit du premier habitat précolombien fouillé sur la commune de Goyave.

cliché : Inrap


moulin-ste-claire.jpg Les vestiges coloniaux se répartissent dans trois secteurs : sur l'éperon, avec de grands bâtiments sur poteaux et une structure curieuse, probablement l'assise d'un mat portant une cloche, sur la pente avec le canal alimentant le moulin à eau situé au pied du talus de l'éperon. Ce moulin constitue la découverte la plus remarquable de cette opération : le bâtiment comprend en effet la talvane, espace où était logée la roue hydraulique, ainsi qu'un important dispositif charpenté constitué de grosses poutres en bois (exceptionnellement conservées) et servant probablement à maintenir solidement le mécanisme entraînant les rolles du moulin. Ces vestiges remarquables (il s'agit de la première fouille d'un moulin à eau en Guadeloupe) appartiennent à l'habitation-sucrerie Lagrange mentionnée sur les cartes anciennes et dans les archives du XVIIIe siècle.

cliché : Inrap

Documentation :

Guadeloupe : parution du Bilan Scientifique Régional 2011-2013

Mise en page 1
Le Bilan Scientifique Régional (BSR) des années 2011 à 2013 de la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin est disponible. Cette publication éditée par le Service Régional de l'Archéologie (SRA) de la Direction des Affaires Culturelles de la Guadeloupe (DAC) retrace l'activité archéologique en Guadeloupe durant ces trois années, à savoir 95 opérations autorisées (fouilles, sondages, prospections, projets de recherche et études de mobilier). Une version pdf sera prochainement mise en ligne. Sous réserve de la disponibilité du stock, une version papier peut être envoyée gratuitement à toute personne dont l'activité touche à l'archéologie dans la Caraïbe (chercheurs, étudiants, bibliothèques, musées, institutions de recherche ou d'enseignement...). Les personnes intéressées peuvent en faire la demande en communiquant leurs coordonnées complètes (adresse postale, email, téléphone) à Elise Cousin (mail) responsable de la documentation au SRA Guadeloupe. Le BSR 2014 sera publié courant 2015.

dimanche 21 décembre 2014

Départements français d'Amérique : trois nouveaux Conservateurs Régionaux de l'Archéologie

La direction des trois Services Régionaux de l'Archéologie des départements français d'Amérique tropicale a été récemment renouvelée, ainsi les nouveaux chefs de service sont, dans leur ordre d'arrivée :

  • en Guyane : Nicolas Payraud, nommé en juillet 2014
  • en Martinique : Damien Leroy, nommé en septembre 2014
  • en Guadeloupe : Dominique Bonnissent, nommée en novembre 2014

Un nouveau départ donc, en conservant aussi des équipes très expérimentées ... bref un cocktail du feu de Dieu !

Guadeloupe : Capesterre-Belle-Eau : Sources Pérou : diagnostic archéologique préventif sur un grand gisement précolombien

sources_perou.jpgEn prévision de l'aménagement d'une ZAC sur une superficie de 20 ha un diagnostic archéologique a été prescrit par le Service Régional de l'Archéologie (SRA, DAC, Ministère de la Culture) et a été conduit du 17 mars 2014 au 14 avril 2014 par Nathalie Sellier-Ségard, archéologue à l'Inrap. Cette opération a permis de délimiter un grand gisement précolombien dont une bordure avait déjà été identifiée par des investigations archéologiques menées en 2001 en prévision des travaux de la voie de contournement de Capesterre-Belle-Eau. Ce gisement précolombien couvre une superficie de 6 ha et correspond probablement à l'implantation de villages successifs à cet emplacement (palimpseste, ou "multicomponent site" en anglais. Les poteries récoltées correspondent à la culture cédrosan-saladoïde, une période qui couvre à peu près le premier millénaire après J.-C. Les vestiges consistent en fosses et trous de poteaux, mais aussi en dépotoirs où sont préservés de grandes quantité de mobilier céramique et lithique. Deux sépultures ont été retrouvées, fait exceptionnel pour ce secteur de la Guadeloupe où les terrains acides ne permettent généralement pas la conservation des ossements. Le SRA a prescrit une fouille préventive préalable aux aménagements.

Bibliographie : SELLIER-SEGARD, Nathalie, 2014 : Rapport d’opération. Diagnostic archéologique. Guadeloupe, Capesterre-Belle-Eau, Sources Pérou. Rapport n° SRA 561. INRAP, SRA Guadeloupe.

samedi 20 décembre 2014

Guadeloupe : Saint-François : reprise de l'érosion au cimetière des Raisins Clairs

raisins-clairs.jpgSuite à la houle générée par l'ouragan Gonzalo le dimanche 12 octobre sur les plages du sud de la Grande-Terre, les agents de la commune de Saint-François signalent une très forte reprise de l'érosion sur le cimetière de la plage des Raisins Clairs, provoquant à nouveau la destruction de tombes et l'apparition d'ossements humains dans le front d'érosion. Ce cimetière composé en partie de tombes d'esclaves avait fait l'objet d'une fouille de sauvetage en janvier 2014 en raison de l'érosion récurrente qu'il subissait, phénomène très préoccupant, à la fois en raison de la perte de vestiges à valeur scientifique, mais aussi de l'atteinte à un site à valeur mémorielle, dégradation ressentie avec beaucoup d'émotion par la population guadeloupéenne. Cette fouille financée par la Région Guadeloupe et la DAC avait été conduite par Jérôme Rouquet, anthropologue à l'Inrap.

La partie concernée par cette fouille était limitée la bande littorale en voie d'érosion et avait été simplement recouverte de sable après l'opération archéologique. Cette protection très provisoire était insuffisante et la houle du mois d'octobre a dégagé ce sable et attaqué directement les tombes encore intactes en arrière de la zone fouillée.

La Commune de Saint-François, la Région et la DAC ont convenu qu'il était maintenant important de prendre les mesures permettant de stopper de façon durable ce phénomène érosif et de protéger ainsi le cimetière en place pour au moins plusieurs décennies. La DAC a sollicité l’assistance du Bureau d'Etudes Géologique et Minière (BRGM) dans le cadre d'une procédure d’assistance aux politiques publique. L’expertise du BRGM souligne la nécessité d'opter pour un procédé de stabilisation permettant de conserver non seulement le cimetière mais aussi la plage, et ne reportant pas l'érosion latéralement. Plusieurs solutions techniques plus ou moins durables sont actuellement examinées par les partenaires impliqués et seront mises en œuvre après obtention des crédits correspondants et des autorisations éventuelles. Cette équipe resserrée est complétée par la participation de la DEAL pour ce qui concerne les questions d'intervention en milieu littoral protégé. D'autres partenaires également très impliqués, en particulier le Conseil Général (Musée Edgar Clerc, Musée Schoelcher) et l'Inrap, seront aussi amenés à apporter leur contribution pour valoriser et protéger ce site. La participation de la population à la réflexion parait également incontournable et des réunions publiques d'information et de discussion sur le sujet seraient les bienvenues.

La fouille Inrap du mois de janvier : communiqué de presse et journées portes ouvertes

Sources info : DAC Guadeloupe

mardi 28 octobre 2014

Saint-Martin : fouille du site précolombien de Grand'Case Nord : journée portes ouvertes

gdCase2014.jpg Une équipe de l'Inrap dirigée par Nathalie Sellier-Ségard procède actuellement à une fouille préventive sur le site précolombien de Grand'Case nord à Saint-Martin. Ce site connu depuis 1988 (Haviser 1988) a fait récemment l'objet par l'Inrap de plusieurs opérations d'archéologie préventive (diagnostics par Thomas Romon, Nathalie Serrand et Jérôme Briand, et la fouille d'une parcelle par Clara Samuélian). Il s'agit d'un village du Néoindien récent s'étendant sur plus de 1ha, où l'on retrouve des structures d'habitats (trous de poteaux, fosses), des sépultures et surtout des niveaux dépotoirs extrêmement riches en mobilier archéologique dans un excellent état de conservation (photo) : faune vertébrée et coquillière, céramique et mobilier lithique comportant de nombreux éclats et outils en cherto-tuffite, roche locale très dure utilisée pour la fabrication de haches en pierre. Cette occupation est datée par le carbone 14 autour de 1000-1200 après J.-C. La présente opération concerne la fouille d'une parcelle de 600 m2 où sera construite une maison individuelle. L’ouverture de la fouille a aussi permis de découvrir une structure d’époque coloniale de cuisson de la chaux selon les anciens procédés traditionnels par calcination du corail dans des foyers à l'air libre. Une journée porte ouverte est organisée le jeudi 30 octobre (annonce dans la presse locale).

Bibliographie : (rapports non publiés)

  • BRIAND, Jérôme, 2014. Diagnostic archéologique : Saint-Martin, Grand-Case, Route de l’Espérance. Inrap. rapport n° SRA-557
  • HAVISER, Jay B., 1988. An Archaeological Survey of St. Martin - St. Maarten. Report n° 7 of the Institute of Archaeology and Anthropology of the Netherlands Antilles.
  • ROMON, Thomas, 2012. Diagnostic archéologique : Saint-Martin, Grand-Case, Route de Petite Plage. Inrap. rapport n° SRA-523
  • SERRAND, Nathalie, 2013. Diagnostic archéologique : Saint-Martin, Grand-Case, Rue des Flamboyants. Inrap. rapport n° SRA-548
  • STOUVENOT, Christian et HENOCQ, Christophe, 1999. Inventaire des sites archéologiques de la partie française de l’île de Saint-Martin. Guadeloupe. AAHE (Association Archéologique Hope Estate), SRA DRAC Guadeloupe. rapport n° SRA-096

mardi 19 août 2014

Guadeloupe : parution du Bilan Scientifique Régional 2010

BSR2010.jpg


Le Bilan Scientifique Régional 2010 de la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin est disponible. Cette publication éditée par le Service Régional de l'Archéologie (SRA) de la Direction des Affaires Culturelles de la Guadeloupe (DAC) retrace l'activité archéologique en Guadeloupe durant l'année 2010 à savoir 33 opérations autorisées (fouilles, sondages, prospections, projets de recherche et études de mobilier). Une version pdf sera prochainement mise en ligne. Sous réserve de la disponibilité du stock, une version papier peut être envoyée gratuitement à toute personne dont l'activité touche à l'archéologie dans la Caraïbe (chercheurs, étudiants, bibliothèques, musées, institutions de recherche ou d'enseignement...). Les personnes intéressées peuvent en faire la demande en communiquant leurs coordonnées complètes (adresse postale, email, téléphone) à Elise Cousin (mail) responsable de la documentation au SRA Guadeloupe. Le BSR 2011-2013 est en préparation et paraîtra début 2015.

samedi 19 juillet 2014

Guadeloupe : les anciens récifs holocènes de l'archipel des Saintes

les-saintes.jpg Une récente étude conduite par une équipe de géologues et de géophysiciens (Institut de Physique du Globe de Paris, Laboratoire d'océanographie et du climat-IRD, et Université des Antilles et de la Guyane) a montré que l'archipel des Saintes est entouré par des formations récifales submergées en forme d'anneaux donnant à cet ensemble l'allure d'un atoll. Pas moins de 9 paléorivages formant des marches d'escalier ont été repérés entre le zéro actuel et 40 m de profondeur à partir de données bathymétriques à haute résolution (comme le levé Lidar du Litto3D du SHOM et de l'IGN). Ces encoches littorales traduisent des arrêts momentanés de la remontée post-glaciaire du niveau marin, mouvement auquel se superpose ici un enfoncement progressif du secteur que l'étude estime à 40 cm par millénaire. Pour les archéologues ces données sont très intéressantes car les derniers et moins profonds de ces paléorivages ont pu être des rivages pendant les périodes précolombiennes anciennes (entre 1000 et 4000 ans avant J.-C.), et la présence de vestiges archéologiques sous-marins est donc possible à la condition que les dépôts aient été épargnés par l'érosion côtière au cours de leur submersion.

Source :

LECLERC, F., FEUILLET, N., CABIOCH, G., DEPLUS, C., LEBRUN, J. F., BAZIN, S., BEAUDUCEL, F., BOUDON, G., LEFRIANT, A., DE MIN, L. et MELEZAN, D., 2014. The Holocene drowned reef of Les Saintes plateau as witness of a long-term tectonic subsidence along the Lesser Antilles volcanic arc in Guadeloupe. In : Marine Geology. 1 septembre 2014. Vol. 355, p. 115‑135. DOI 10.1016/j.margeo.2014.05.017.

vignette : carte du plateau des Saintes figurant dans la publication

lundi 14 juillet 2014

Guadeloupe, Sainte-Anne : Exploration archéologique d'une épave datant du XIXe siècle

Epave_SteAnne_2014.jpg Du 20 juin au 15 juillet s'est déroulée prés de Sainte-Anne une opération sous-marine sur une épave. Cette fouille autorisée par le DRASSM a été réalisée par l'Association archéologie Petites Antilles sous la direction de Jean-Sébastien Guibert (projet "Navigation antillaise"). Ce navire transportait un chargement de charbon. Bien que des vérifications restent à faire, l'équipe pense qu'il pourrait s'agir d'un brick anglais appelé le Mary-Ann alors en route pour Trinidad et dont le naufrage est signalé dans la Gazette officielle de la Guadeloupe de juin 1866.

cliché : plongeur réalisant un relevé sur l'épave (AAPA 2014)

vendredi 11 juillet 2014

Guadeloupe, Martinique : Jean-Sébastien Guibert nommé maitre de conférences à l'Université des Antilles

Jseb2 Jean-Sébastien Guibert archéologue-historien est nommé maître de conférences à l'Université des Antilles, où il rejoint l'équipe AIHP-GEODE. Jusqu'ici professeur des lycées en Histoire Géographie, mais aussi animateur de l'Association Archéologie Petites Antilles AAPA qui opère essentiellement en archéologie maritime, Jean-Sébastien Guibert a soutenu en mai 2013 un doctorat d'histoire sur un sujet touchant aux naufrages et au transport maritime en Guadeloupe : "Mémoire de mer, océan de papiers - Naufrage, risque et fait maritime à la Guadeloupe (Petites Antilles) fin XVIIe – mi-XIXe siècles". Il continuera bien sûr ses recherches sur l'ensemble des îles antillaises.

lundi 2 juin 2014

Guadeloupe : départ d'Anne-Marie Fourteau, chef du service régional de l'archéologie de la DAC

Madame Anne-Marie Fourteau, ingénieur arrivée en Guadeloupe en 2009 et chef du service régional de l'archéologie depuis août 2010, quitte la DAC Guadeloupe et prendra ses nouvelles fonctions en Bretagne à dater du 1er juin 2014. L'administration fait le nécessaire pour pourvoir ce poste et dans l'attente les 3 archéologues du SRA gèrent les dossiers en cours.

samedi 11 mai 2013

Parution du DAF 107 : "Les gisements précolombiens de la Baie Orientale" - Ile de Saint-Martin

DAF baie orientale Publication monographique de cette fouille préventive conduite en 2000 par Dominique Bonnissent (Inrap) qui a concerné deux sites. Le premier, d'age mésoindien (800 avant J.-C. - 100 après J.-C.) est caractérisé par des aires d'activité préservées de façon exceptionnelle (aires de décoquillage et de cuisson de mollusques, de fabrication de lames de haches, dépôts d'objets, ...). Le deuxième est un campement néoindien récent (740-960 après J.-C.), site spécialisé dans la collecte de coquillage et la fabrication d'outils lithiques, et site satellite du village de la Pointe du Canonnier situé à l'autre extrémité de l’île. Cette publication de 345 pages peut être commandée aux Editions de la Maison des Sciences de l'Homme

vendredi 29 mars 2013

Fouille du quartier des esclaves de l'Habitation Barbotteau à Port-Louis (Guadeloupe)

poteau La Pieta Une fouille préventive préalable à un projet de construction s'est déroulée ce mois de mars à Port-Louis. Une équipe de l'INRAP, dirigée par Nathalie Serrand, a dégagé sur 1,5 ha les vestiges du quartier des esclaves de cette Habitation datant du XVIIIe siècle. Les traces visibles consistent en centaines de trous de poteaux creusés dans le rocher et dessinant le plan des cases où vivaient les esclaves. Sur une partie du site ont également été retrouvés des assises de murs pouvant correspondre à aux installations industrielles de la plantation.

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