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lundi 30 mars 2015

Guadeloupe : Capesterre-Belle-Eau : plage de Roseau : fouille d'un site amérindien tardif

ttt Du 16 février au 14 avril une équipe de l'Inrap dirigée par Martijn Van den Bel fouille une partie du site amérindien de Roseau à Capesterre-Belle-Eau. Ce site a été découvert en 1990 par Gérard Richard, archéologue à la Région Guadeloupe, qui y a réalisé des sondages en 2001 et 2002, mettant en évidence un vaste site à occupations multiples qui résulte de l'implantation de plusieurs villages successifs depuis environ 1000 après J.-C. jusqu'à la période du contact avec les européens (fichier pdf).

col de "jarre à olives" espagnole trouvé sur le site
(cliché C. Stouvenot. SRA Guadeloupe)

Le projet de réalisation d'un parking par la commune de Capesterre-Belle-Eau a justifié la mise en place d'une fouille archéologique préventive après que des vestiges amérindiens aient été identifiés lors de sondages préliminaires (C. Stouvenot, SRA Guadeloupe) et caractérisés par un diagnostic archéologique (N. Serrand, Inrap). Les découvertes révèlent un site d’habitat tardif avec une occupation débutant au début du néoindien récent (vers 1100 ap. JC) et se terminant vers le début du XVIIe siècle. Certains éléments retrouvés dans les niveaux archéologiques montrent clairement l'existence de contacts avec les européens : présence de fragments de jarres à olives de production espagnole, perles en verre, ossements de grands mammifères quadrupèdes comme un os de mulet. La céramique amérindienne est de type "Cayo" c'est à dire très tardive comme celle du site de Cayo situé à Saint-Vincent (Boomert 1986). Ces populations sont donc celles qui ont vécu le contact avec les européens et en particulier les espagnols : il s'agit probablement des peuples Kalinagos ou "Caraïbes insulaires" que Christophe Colomb trouva en Guadeloupe lors de son passage durant le deuxième voyage en 1493. Il pourrait même s'agir du village décrit par Christophe Colomb bien que les textes laissés par ses coéquipiers ne permettent pas de localiser précisément le point d'accostage de C. Colomb en Guadeloupe (certains auteurs contestent la localisation de Sainte-Marie).

La présence de très grandes fosses et d'un long fossé sont également des caractéristiques intrigantes de ce site qu'il conviendra d'élucider.

En dépit de plus de 150 années de coexistence des européens et des amérindiens dans l'aire antillaise, ces sites de "contact" bien représentés dans les Grandes Antilles restent encore très rares dans les Petites Antilles où l'on connaît entre autres le site de Cayo précédemment cité et le site d'Argyle également à Saint-Vincent fouillé en 2009 et 2010 (Hofman, Hoogland 2012)

La fouille se poursuit encore quelques jours et une journée portes ouvertes est organisée par l'Inrap ce mercredi 1er avril 2015 : annonce sur le site web de l'Inrap

Références bibliographiques :

BOOMERT, Arie, 1986. The Cayo Complex of St. Vincent : Ethnohistorical and Archaeological Aspects of the Island Carib Problem. In : Antropológica. 1986. Vol. 66, p. 3‑68. 526-183, 526-V

RICHARD Gérard, 2004. Document Final de synthèse. Site de l’arrière plage de Roseau. Commune de Capesterre-Belle-Eau. Sainte Marie. Guadeloupe. Sondages 2001-2002. rapport n° SRA 262. Service Archéologique du Conseil Régional de la Guadeloupe.

RICHARD Gérard, 2005. Le site archéologique de la Plage de Roseau à Capesterre Belle Eau, révélateur d’une occupation caraïbe insulaire en Guadeloupe - The Archaeological Site of Roseau’s Seaside at Capesterre Belle Eau. Revealer of Insular Carib’s Occupation in Guadeloupe. In : Actes du XXe Congrès International d’Archéologie de la Caraïbe : Santo Domingo, 2003. p. 15‑22. fichier pdf

HOFMAN Corinne et HOOGLAND Menno, 2012. Caribbean encounters: rescue excavations at the early colonial Island Carib site of Argyle, St. Vincent. In : The End Of Our Fifth Decade. Faculty of the Leiden University. Leiden p. 63‑76. ISBN 9789081810913 (fichier pdf)

LE LAY Alice, 2013. Étude du mobilier céramique du site de l'arrière-plage de Roseau. Vers une caractérisation culturelle de l'occupation post-Saladoïde en Basse-Terre de Guadeloupe (1000-1500 apr. J.-C.). Mémoire de Master 2. Université Paris I. Paris Panthéon Sorbonne. téléchargeable sur academia.edu

STOUVENOT Christian, 2013. Compte rendu de sondages archéologiques. Projet d’aménagement de la plage de Roseau. Capesterre-Belle-Eau. Rapport d’opération archéologique n° SRA 551. DAC Guadeloupe, Service régional de l’archéologie.

SERRAND Nathalie, CASAGRANDE Fabrice, JORDA Christophe, TOMADINI Noémie, 2014. Guadeloupe, Capesterre-Belle-Eau, Sainte-Marie. Plage de Roseau. Rapport de diagnostic archéologique. Inrap.

Informations : SRA Guadeloupe et Inrap

samedi 14 février 2015

Guadeloupe : Trois-Rivières : découverte de 80 nouvelles roches gravées précolombiennes à Petit-Carbet

Petit_Carbet.jpg Une opération de prospection archéologique menée en décembre 2014-janvier 2015 dans le quartier de Petit Carbet à Trois-Rivières par Julien Monney, chercheur-doctorant à l'université Paris 1, a conduit à la découverte d'un ensemble rupestre considérable constitué d'au moins 80 roches gravées. Le terrain, une parcelle privée d'une superficie de 4 hectares, est voisin du site de Derussy-Petit-Carbet site déjà connu antérieurement (voir notre billet du 2 septembre 2014). C'est à la suite de travaux de défrichement pour une mise en culture que trois roches portant des gravures précolombiennes sont découvertes en août 2013. Une opération d'évaluation du site est alors mise en place par la Direction des Affaires Culturelles (Ministère de la Culture) et a été menée durant les mois de décembre et janvier.

Cliché : D. Bonnissent, DAC Guadeloupe

Le site est fortement boisé et embroussaillé, ceci compliquant considérablement les recherches, les roches étant enfouies sous une dense végétation luxuriante. Pour réaliser le défrichement du terrain, il est fait appel au RSMA (Régiment du Service Militaire Adapté) qui intervient les deux premières semaines de décembre avec ses jeunes recrues, les "Cadets" qui seront 40 à travailler sur le site, et avec l'aide de la Mairie de Trois-Rivières qui met à disposition repas et locaux d’hébergement. Quelques nouvelles roches sont signalées par les Cadets du RSMA au moment du défrichement.

Les explorations de Julien Monney conduisent très rapidement à la découvertes d'autres roches, jusqu'à atteindre le nombre de 80 en fin d'opération, chiffre qui augmentera sans doute encore à l’avenir, la parcelle n'ayant pas été explorée en totalité. La typologie du site commence à s'affiner : à l'instar du site voisin de Derussy, avec lequel il forme maintenant un même ensemble, les gravures trouvées sont des représentations le plus souvent assez simples : visages anthropomorphes formés de deux yeux et d'une bouche, parfois du nez, dessinés sur de petits blocs de nature volcanique. La roche étant quelque peu friable, les gravures sont le plus souvent un peu érodées, parfois presque complètement effacées. Leur repérage est difficile, la recherche sur le terrain demandant un œil entraîné à ce genre d'exercice et capable d'accrocher des traces paraissant parfois insignifiantes mais qui s’avèrent positives après un examen approfondi. Julien Monney travaille avec des outils spécifiques comme l'utilisation d'une lampe LED de forte puissance permettant d'utiliser même en plein jour un éclairage rasant révélant le relief et facilitant la visualisation des gravures. Il réalise aussi des modèles numériques 3D par photogrammétrie, technique ne nécessitant qu'un appareil photo, un ordinateur doté d'une bonne mémoire et un logiciel de photogrammétrie ... ainsi qu'une bonne dose de savoir faire !

Ainsi l'ensemble de Petit-Carbet, avec plus de 160 figurations rupestres, conforte sa position de site le plus important de Guadeloupe en nombre de figurations, et probablement des Petites Antilles, même si les représentations n'atteignent pas le degré de qualité et de complexité d'autres sites comme celui du Parc Archéologique des Roches Gravées localisé sur la même commune de Trois-Rivières.

Le travail avec le RSMA, sur le site web de la DAC et sur le site web du journal France Antilles

Le site web du RSMA (Régiment du Service Militaire Adapté)

Les recherches de Julien Monney ont été réalisées avec la participation de l'association Archéologies

Pour visiter un site rupestre en Guadeloupe : le Parc Archéologique des Roches Gravées à Trois-Rivières, ouvert au public

Source : DAC Guadeloupe

samedi 31 janvier 2015

Guadeloupe : Goyave : fouille d'un habitat précolombien et d'un moulin de sucrerie à Sainte-Claire (2)

Ingenieurs_Roi_Goyave.png L'Inrap a mis en ligne une page sur la fouille réalisée en octobre-novembre 2014 sur le site de Sainte-Claire à Goyave (Guadeloupe) et qui a avait fait l'objet d'un premier billet sur ZemiBlog à l'occasion des journées portes ouvertes organisées sur ce chantier. Une vidéo de 7 minutes permet de suivre la présentation du site commentée par Martijn Van den Bel, responsable de l'opération, Nicolas Biwer, responsable du secteur de fouille de la sucrerie et Gérard Lafleur, historien à la Société d'Histoire de la Guadeloupe.



La page ZemiBlog (1) sur ce sujet (22 décembre 2014)

La page Inrap relatant cette fouille préventive

Le lien vers la vidéo Inrap

mardi 23 décembre 2014

Guadeloupe : Capesterre-de-Marie-Galante : Grotte du Morne Rita

gravure_Morne-Rita.jpg relevé sur modèle numérique 3D (Julien Monney et Pascal Mora)

Une opération de fouille archéologique et de relevés est menée dans cette grotte ornée depuis 2011 avec l'Association Archéologies et sous la direction de Pierrick Fouéré (Inrap et CNRS UMR 5608 TRACES). La campagne 2014 vise à terminer les relevés des quelques 135 gravures rupestres répertoriées dans la cavité et dont une vingtaine ont été découvertes au cours de cette opération. Ces relevés sont effectués par Julien Monney, doctorant en préhistoire à l'Université Paris 10, en se basant sur un modèle numérique 3D produit par photogrammétrie par Pascal Mora du laboratoire Archéovision de l'Université de Bordeaux. Durant ces trois années l'exploration de cette cavité aura fourni des résultats totalement inattendus : considérée comme occupée au Néoindien ancien et récent en raison de la présence de mobilier céramique rattaché à ces cultures, les sondages ont également révélé des couches plus anciennes d'âge précéramique et en particulier des sépultures dont l'une a été datée vers 2500 avant J.-C. Cette dernière datation confère à la Grotte du Morne Rita le statut de plus ancienne occupation précolombienne actuellement connue en Guadeloupe. L'équipe envisage une publication monographique de ce site après une ultime intervention en 2015 visant à dater directement les pigments noirs présents sur l'une des représentations rupestres.

Documentation, par l'équipe menant cette recherche :

FOUÉRÉ, Pierrick, BAILON, Salvador, BONNISSENT, Dominique, CHANCEREL, Antoine, COURTAUD, Patrice, DEGUILLOUX, Marie-France, GROUARD, Sandrine, LENOBLE, Arnaud, MONNEY, Julien, MORA, Pascal, PINÇON, Kevin, QUEFFELEC, Alain, SERRAND, Nathalie et TOMADINI, Noémie :

2014. Capesterre-de-Marie-Galante. Grotte du Morne Rita. In : Bilan scientifique de la région Guadeloupe, de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin. Service Régional de l'Archéologie de Guadeloupe 2011-2012-2013. p. 34‑37 (2011), p. 82-83 (2012), p. 144‑145 (2013).

2014. La Grotte du Morne Rita (Commune de Capesterre de Marie-Galante, Guadeloupe). Rapport de sondages archéologiques et relevé d’art pariétal, 2013. Rapport n° SRA 578. SRA Guadeloupe. Association Archéologies.

lundi 22 décembre 2014

Guadeloupe : Goyave : fouille d'un habitat précolombien et d'un moulin de sucrerie à Sainte-Claire

Une fouille archéologique s'est déroulée du 7 octobre au 28 novembre 2014 sur le site de la future station d'épuration de la commune de Goyave, quartier Sainte-Claire. Cette opération prescrite par le Service Régional de l'Archéologie de Guadeloupe, après un diagnostic conduit en 2013 par Jérôme Briand (Inrap), a été réalisée par une équipe de l'Inrap sous la direction de Martijn Van den Bel, secondé par Nicolas Biwer pour la période coloniale. Les deux périodes précolombiennes et coloniales sont représentées sur le site.

Step-goyave_fosse.jpg Les vestiges précolombiens sont ceux d'un village occupant le sommet d'un éperon dominant la plaine littorale et la Petite Rivière-à-Goyave. Plus de 300 fosses et trous de poteaux ont été fouillés. Certains trous de poteaux atteignent plus de 1m80 de profondeur, indice de très grandes constructions. Le mobilier céramique extrait permet une attribution au Néoindien récent (Age Céramique récent), datation qui pourra être affinée après étude complète de la céramique et datations au radiocarbone. Il s'agit du premier habitat précolombien fouillé sur la commune de Goyave.

cliché : Inrap


moulin-ste-claire.jpg Les vestiges coloniaux se répartissent dans trois secteurs : sur l'éperon, avec de grands bâtiments sur poteaux et une structure curieuse, probablement l'assise d'un mat portant une cloche, sur la pente avec le canal alimentant le moulin à eau situé au pied du talus de l'éperon. Ce moulin constitue la découverte la plus remarquable de cette opération : le bâtiment comprend en effet la talvane, espace où était logée la roue hydraulique, ainsi qu'un important dispositif charpenté constitué de grosses poutres en bois (exceptionnellement conservées) et servant probablement à maintenir solidement le mécanisme entraînant les rolles du moulin. Ces vestiges remarquables (il s'agit de la première fouille d'un moulin à eau en Guadeloupe) appartiennent à l'habitation-sucrerie Lagrange mentionnée sur les cartes anciennes et dans les archives du XVIIIe siècle.

cliché : Inrap

Documentation :

Guadeloupe : parution du Bilan Scientifique Régional 2011-2013

Mise en page 1
Le Bilan Scientifique Régional (BSR) des années 2011 à 2013 de la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin est disponible. Cette publication éditée par le Service Régional de l'Archéologie (SRA) de la Direction des Affaires Culturelles de la Guadeloupe (DAC) retrace l'activité archéologique en Guadeloupe durant ces trois années, à savoir 95 opérations autorisées (fouilles, sondages, prospections, projets de recherche et études de mobilier). Une version pdf sera prochainement mise en ligne. Sous réserve de la disponibilité du stock, une version papier peut être envoyée gratuitement à toute personne dont l'activité touche à l'archéologie dans la Caraïbe (chercheurs, étudiants, bibliothèques, musées, institutions de recherche ou d'enseignement...). Les personnes intéressées peuvent en faire la demande en communiquant leurs coordonnées complètes (adresse postale, email, téléphone) à Elise Cousin (mail) responsable de la documentation au SRA Guadeloupe. Le BSR 2014 sera publié courant 2015.

dimanche 21 décembre 2014

Départements français d'Amérique : trois nouveaux Conservateurs Régionaux de l'Archéologie

La direction des trois Services Régionaux de l'Archéologie des départements français d'Amérique tropicale a été récemment renouvelée, ainsi les nouveaux chefs de service sont, dans leur ordre d'arrivée :

  • en Guyane : Nicolas Payraud, nommé en juillet 2014
  • en Martinique : Damien Leroy, nommé en septembre 2014
  • en Guadeloupe : Dominique Bonnissent, nommée en novembre 2014

Un nouveau départ donc, en conservant aussi des équipes très expérimentées ... bref un cocktail du feu de Dieu !

Guadeloupe : Capesterre-Belle-Eau : Sources Pérou : diagnostic archéologique préventif sur un grand gisement précolombien

sources_perou.jpgEn prévision de l'aménagement d'une ZAC sur une superficie de 20 ha un diagnostic archéologique a été prescrit par le Service Régional de l'Archéologie (SRA, DAC, Ministère de la Culture) et a été conduit du 17 mars 2014 au 14 avril 2014 par Nathalie Sellier-Ségard, archéologue à l'Inrap. Cette opération a permis de délimiter un grand gisement précolombien dont une bordure avait déjà été identifiée par des investigations archéologiques menées en 2001 en prévision des travaux de la voie de contournement de Capesterre-Belle-Eau. Ce gisement précolombien couvre une superficie de 6 ha et correspond probablement à l'implantation de villages successifs à cet emplacement (palimpseste, ou "multicomponent site" en anglais. Les poteries récoltées correspondent à la culture cédrosan-saladoïde, une période qui couvre à peu près le premier millénaire après J.-C. Les vestiges consistent en fosses et trous de poteaux, mais aussi en dépotoirs où sont préservés de grandes quantité de mobilier céramique et lithique. Deux sépultures ont été retrouvées, fait exceptionnel pour ce secteur de la Guadeloupe où les terrains acides ne permettent généralement pas la conservation des ossements. Le SRA a prescrit une fouille préventive préalable aux aménagements.

Bibliographie : SELLIER-SEGARD, Nathalie, 2014 : Rapport d’opération. Diagnostic archéologique. Guadeloupe, Capesterre-Belle-Eau, Sources Pérou. Rapport n° SRA 561. INRAP, SRA Guadeloupe.

samedi 20 décembre 2014

Guadeloupe : Saint-François : reprise de l'érosion au cimetière des Raisins Clairs

raisins-clairs.jpgSuite à la houle générée par l'ouragan Gonzalo le dimanche 12 octobre sur les plages du sud de la Grande-Terre, les agents de la commune de Saint-François signalent une très forte reprise de l'érosion sur le cimetière de la plage des Raisins Clairs, provoquant à nouveau la destruction de tombes et l'apparition d'ossements humains dans le front d'érosion. Ce cimetière composé en partie de tombes d'esclaves avait fait l'objet d'une fouille de sauvetage en janvier 2014 en raison de l'érosion récurrente qu'il subissait, phénomène très préoccupant, à la fois en raison de la perte de vestiges à valeur scientifique, mais aussi de l'atteinte à un site à valeur mémorielle, dégradation ressentie avec beaucoup d'émotion par la population guadeloupéenne. Cette fouille financée par la Région Guadeloupe et la DAC avait été conduite par Jérôme Rouquet, anthropologue à l'Inrap.

La partie concernée par cette fouille était limitée la bande littorale en voie d'érosion et avait été simplement recouverte de sable après l'opération archéologique. Cette protection très provisoire était insuffisante et la houle du mois d'octobre a dégagé ce sable et attaqué directement les tombes encore intactes en arrière de la zone fouillée.

La Commune de Saint-François, la Région et la DAC ont convenu qu'il était maintenant important de prendre les mesures permettant de stopper de façon durable ce phénomène érosif et de protéger ainsi le cimetière en place pour au moins plusieurs décennies. La DAC a sollicité l’assistance du Bureau d'Etudes Géologique et Minière (BRGM) dans le cadre d'une procédure d’assistance aux politiques publique. L’expertise du BRGM souligne la nécessité d'opter pour un procédé de stabilisation permettant de conserver non seulement le cimetière mais aussi la plage, et ne reportant pas l'érosion latéralement. Plusieurs solutions techniques plus ou moins durables sont actuellement examinées par les partenaires impliqués et seront mises en œuvre après obtention des crédits correspondants et des autorisations éventuelles. Cette équipe resserrée est complétée par la participation de la DEAL pour ce qui concerne les questions d'intervention en milieu littoral protégé. D'autres partenaires également très impliqués, en particulier le Conseil Général (Musée Edgar Clerc, Musée Schoelcher) et l'Inrap, seront aussi amenés à apporter leur contribution pour valoriser et protéger ce site. La participation de la population à la réflexion parait également incontournable et des réunions publiques d'information et de discussion sur le sujet seraient les bienvenues.

La fouille Inrap du mois de janvier : communiqué de presse et journées portes ouvertes

Sources info : DAC Guadeloupe

dimanche 19 octobre 2014

Haïti : l'épave CV1 n'est pas celle de la Santa-Maria (Unesco) ... on s'en doutait un peu !

Carte de la côte nord d'Hispaniola attribuée à C. Colomb
(Archives de la Casa de Alba, Madrid)

hispaniola_colomb2.jpg

La mission menée par l'Unesco, le Ministère de la Culture haïtien et le Bureau National de l'Ethnologie, faisant suite à la demande de Monique Rocourt, ministre de la culture de Haïti, (voir notre billet précédant), a été effectuée du 5 au 15 septembre 2014 sous la direction de l'expert espagnol en archéologie sous-marine Xavier Nieto Prieto, ancien directeur du Centre d'Archéologie Subaquatique de Catalogne. Une note d'information peut être consultée sur le site de l'UNESCO, ici, et le rapport en français peut être téléchargé avec ce lien.

Le résultat parait sans appel : l'épave CV1 (Coque Vieille 1, du nom du récif où elle est coulée) ne peut pas être celle de la Santa-Maria, le navire amiral du premier voyage de Christophe Colomb aux Amériques, échoué au nord de l'île d'Hispaniola dans la nuit du 24 au 25 décembre 1492. Plusieurs arguments sont présentés dans le rapport d'expertise. Le plus déterminant est le fait que tous les éléments de fixation retrouvés sur l'épave sont en bronze, or ce métal n'est utilisé comme attache dans la construction navale qu'à partir de la fin du 17e siècle. Auparavant, clous et broches de fixation sont en fer ou en bois, et il en est logiquement ainsi pour la Santa-Maria. Les vestiges CV1 correspondent à l'épave d'un seul navire qui a été construit durant les 18e ou 19e siècles donc très largement après le voyage de Christophe Colomb.

Le battage médiatique généré par l'américain Barry Clifford semble donc bien clos. Mais où se trouve donc le lieu du naufrage de la Santa-Maria ? L'étude fournit quelques éléments, en particulier la vraisemblance que la Santa-Maria s'est échouée à faible distance du rivage si l'on en croit des descriptions de Christophe Colomb. Mais les pistes les plus probantes ont été avancées par deux chercheurs français : le géomorphologue Loïc Ménanteau et l'historien Jacques de Cauna, et par une équipe espagnole composée du géophysicien Alfonso Maldonado, de l’historienne Maria Luisa Cazorla et de Enrique Lechuga de Serantes (secrétaire général de la Fondation ibéro américaine pour la culture et les sciences de la mer) cette équipe ayant commencé des recherches en 1991, cependant interrompues pendant la crise politique durant le régime du général Cedras (Le Nouvelliste et Blog de Nancy Roc).

Loïc Ménanteau (qui a participé à l'expertise de l'Unesco), géomorphologue et spécialiste des environnements littoraux à l'université de Nantes a étudié le littoral du nord d'Haïti et a co-dirigé la production de l'Atlas côtier du Nord-Est d’Haïti, 1997. Cet ouvrage se propose de modéliser l'évolution historique du littoral dans ce secteur de Haïti. L'originalité de cet atlas est de se fonder à la fois sur les sources historiques, et en particulier des cartographies du 18e siècle, et sur les caractéristiques géomorphologiques et sédimentaires du littoral. Le Dr. Ménanteau penche pour un emplacement d'échouage plus près de la côte actuelle que la position de CV1, quelque part dans la Baie de Cap-Haïtien (rapport, p. 16 et 17, note 15). Il se base sur les textes du journal de bord de Colomb et sur une réévaluation à la baisse de la longueur de la lieue utilisée par Colomb.

Jacques de Cauna, historien à l'Université de Bordeaux et spécialiste de Haïti, a proposé sur son blog une hypothèse de localisation tout autre. Cette hypothèse est également celle qui est soutenue par l'équipe espagnole, à savoir que l'épave de la Santa-Maria est située à l'intérieur des terres, enfouie sous les dépôts alluviaux d'un cours d'eau local : la Grande Rivière du Nord. Cette approche se base sur plusieurs éléments : sur le récit de Colomb qui décrit un échouage à faible distance de la côte, et sur la progradation attestée de la ligne de côte dans le secteur : la Grande Rivière du Nord a formé un delta alluvial qui a gagné sur la mer d'environ 2 km depuis 1760, ce que montre d'ailleurs très bien l'Atlas de L. Menanteau. Cette sédimentation gagnant sur la mer pourrait induire que l'emplacement de l'épave a ensuite pu être recouvert d'alluvions.

Un élément déterminant est le fait que l'ancre de la Santa-Maria ait été retrouvée fortuitement au 18e siècle à 1 km du littoral, ensevelie sous deux mètres de sédiments dans les terres de l'habitation Fournier de Bellevue selon la description de Moreau de Saint-Méry en 1796 (tome 1, p. 222 et 223 de la version de 1875) (Article sur le site web Haïti Libre). Cette ancre pourrait indiquer le lieu du naufrage, à condition qu'elle n'ait pas été déplacée ensuite, par exemple par les hommes de Christophe Colomb. Elle est actuellement déposée au musée du Panthéon national haïtien.

Jacques de Cauna exprime une certaine colère (sur son site : page Chaire d'Haïti 2014) au sujet de la pertinence de la mission de l'Unesco, dénonçant le gaspillage des moyens mis en oeuvre pour cette recherche, surtout dans le but de répondre au battage médiatique orchestré par Clifford alors que des éléments scientifiques très sérieux existaient auparavant, il suffisait d'écouter et de lire les (vrais) chercheurs et de ne pas répondre, même pour la contrecarrer, à l'hystérie médiatique provoquée par l'activisme pécuniairement intéressé d'un pseudo-archéologue. La faiblesse des institutions et des réglementations haïtiennes en matière d'archéologie laisse en effet le champ libre à toutes sortes d'imposteurs ou de pilleurs de sites archéologiques. Il est à espérer que cette affaire puisse au final être salutaire en amplifiant la prise de conscience que l'on commence à percevoir, et contribue à orienter l'action des institutions politiques haïtiennes dans le sens d'un meilleur contrôle des activités archéologiques dans l'intérêt de la recherche et de l'enseignement scientifique, de la protection et de la transmission du savoir, bref dans le sens du bien commun.

La ministre de la culture de Haïti a annoncé que les chercheurs espagnols (Alfonso Maldonado, Maria Luisa Cazorla et Enrique Lechuga de Serantes) allaient poursuivre leurs recherches à l'intérieur des terres, initiées en 1992 près de la Rivière du Nord dans la zone où l'ancre de la Santa-Maria a été trouvée au 18e siècle (Le Nouvelliste). Ces recherches consisteront dans un premier temps en une analyse géomorphologique de toute la zone afin de délimiter les secteurs favorables, puis en prospections géophysiques destinées à repérer les restes de l'épave elle même. Les investigations sur le terrain devraient commencer après la fin de la saison cyclonique 2014 Blog de Nancy Roc.

Le "découvreur" débouté, Barry Clifford maintient son intérprétation et réaffirme avoir bien trouvé l'épave du Santa-Maria. Il déplore que les experts de l'Unesco n'aient jamais communiqué avec lui (Huffington Post). Sa caution scientifique, le professeur Beeker est tout à coup beaucoup plus prudent et n'a que discrètement souligné ce qu'il désigne comme des faiblesses du rapport de la commission Unesco (The Independant).

Et n'oublions pas qu'un fragment de l'épave de la Santa-Maria se trouve peut-être en ... Guadeloupe. En effet C. Colomb, qui touche la Guadeloupe lors du 2e voyage en 1493, relate dans une lettre intitulée "Relation du deuxième voyage, La Isabella, janvier-février 1494", réédité, p. 10, la découverte dans un village Caraïbe situé sur la côte de l'île de la Basse-Terre d'un morceau de l'étambot (la pièce de fixation du gouvernail) "d'une nef d'Espagne", qui ne peut être que la Santa-Maria ... à moins qu'il ne s'agisse d'un fragment flottant d'épave ayant traversé l'Atlantique. Ce fait extraordinaire et étonnant impliquerait, s'il était exact, que cette pièce a été apportée par les amérindiens jusqu'en Guadeloupe à 1200 km de distance de Hispaniola, probablement suite à un pillage, une offrande ou un échange entre les Taïnos de l'île d'Hispaniola (ou les Espagnols ?) et les Kalinagos ou "Caraïbes" des Petites Antilles.

A suivre donc, la recherche continue ...

Bibliographie :

  • Nieto Prieto X. Villegas T., Demesvar K. Denis M., 2014. Rapport et évaluation sur la base du rapport préliminaire de la mission effectuée sur le Cap-Haïtien par les experts de l'Unesco, du Ministère de la Culture et du Bureau National de l'Ethnologie. UNESCO pdf sur le site de l'Unesco
  • Ménanteau L. & Vanney J.-R. (coord. scient.), 1997. Atlas côtier du Nord-Est d’Haïti. Environnement et patrimoine culturel de la région de Fort-Liberté. Port-au-Prince/Nantes. Ed. Projet "Route 2004". Ministère de la Culture (Haïti)/PNUD, iv+62 pp. peut être acheté à : Geolittomer-Diffusion
  • Moreau de Saint-Méry (1796). Description topographique, physique, civile, politique et historique de la partie française de l’isle Saint-Domingue, reédité 1875 Tome 1 Tome 2
  • Colomb 1494 (ré-edition 2002), "Relation du deuxième voyage, La Isabella, janvier-février 1494" textes retrouvés en 1985. Dans : Christophe Colomb, La découvert de l'Amérique. Tome II. Relations de voyage et autres écrits 1494-1505. Editions La Découverte 2002
  • Fonds Jacques de Cauna (Photographies des vestiges d'habitations de Haïti, forts, reproductions de cartes anciennes, plans, etc ...)

dimanche 14 septembre 2014

Guadeloupe, Martinique : Journées du Patrimoine 2014

JEP_2014.jpgLe week-end des 20-21 septembre voici arrivé comme chaque année le grand rendez-vous populaire des Journées du Patrimoine organisées par le Ministère de la Culture et notamment les directions (régionales) des affaires culturelles. Avis aux amateurs : visites de sites historiques, d'architecture, industriels ou de recherche scientifique, musées, expositions, conférences, contes, jardins, randonnées de découverte, déambulations urbaines ... tout ça le plus souvent gratuit : c'est la fête ! Le thème de cette année c'est : « Patrimoine culturel, patrimoine naturel », ca c'est l'officiel, en réalité chacun fait comme il veut, thème ou pas thème, l'essentiel étant de participer, comme à la fête de la musique. Donc lâchez vous et allez y "pour le plaisir des yeux", pour la connaissance et aussi pour des rencontres bien sympathiques ...

Parmi les très nombreuses animations (voir programmes en pdf), quelques unes présentent le travail, les méthodes des archéologues et les résultats des dernières recherches archéologiques sur nos îles :

Guadeloupe :

  • Grotte ornée précolombienne du Morne Rita (Capesterre-de-Marie-Galante), site ONF : visite commentée par Christian Stouvenot, DAC Guadeloupe
  • Le village amérindien de Tourlourous (Capesterre-de-Marie-Galante) : conférence sur les fouilles préventives de 2013 par Nathalie Serrand (Inrap), animation organisée par la mairie de Capesterre
  • Musée Edgar Clerc (Le Moule) : visite des expositions et ateliers (poterie, fouille) (équipe du musée, Conseil Général)
  • Parc archéologique des roches gravées (Trois-Rivières) : visites, ateliers de potier et taille de la pierre (équipe du musée, Conseil Général, et Inrap)

Martinique :

  • Centre de Conservation et d'Etudes du Service de l'archéologie de la DAC Martinique (Fort-de-France) : visite commentée par Thierry Dorival (DAC Martinique)
  • Musée départemental d'Archéologie (Fort-de-France): visite commentée par l'équipe du musée (Conseil Général)

Les programmes :

mardi 2 septembre 2014

Guadeloupe, Trois-Rivières : diagnostic archéologique Inrap sur le site de Petit Carbet

Derussy.jpg Un diagnostic archéologique a été réalisé du 22 au 25 juillet 2014 par Clara Samuélian de l'INRAP près du site des roches gravées précolombiennes de Derussy-Petit Carbet, l'un de plus remarquable de Guadeloupe, signalé dès 1916 et étudié successivement par Alain Gilbert en 1990, Monique Ruig en 2001 puis Julien Monney en 2007-2008. Cette opération a été réalisée en amont d'un petit projet d'aménagement sur un secteur déjà sondé en 1994 (Delpuech et al.). Le diagnostic de 2014 a confirmé la présence d'une occupation d'âge saladoïde comportant une couche à tessons de céramique, quelques trous de poteaux ainsi qu'une structure circulaire empierrée interprétée comme le fond d'une fosse de combustion ou de cuisson. Un fossé colonial a livré quelques tessons de poterie et un fourneau de pipe en écume blanche portant un décor moulé, éléments attestant d'une présence historique probablement liée aux habitations sucreries des environs.

mardi 19 août 2014

Guadeloupe : parution du Bilan Scientifique Régional 2010

BSR2010.jpg


Le Bilan Scientifique Régional 2010 de la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin est disponible. Cette publication éditée par le Service Régional de l'Archéologie (SRA) de la Direction des Affaires Culturelles de la Guadeloupe (DAC) retrace l'activité archéologique en Guadeloupe durant l'année 2010 à savoir 33 opérations autorisées (fouilles, sondages, prospections, projets de recherche et études de mobilier). Une version pdf sera prochainement mise en ligne. Sous réserve de la disponibilité du stock, une version papier peut être envoyée gratuitement à toute personne dont l'activité touche à l'archéologie dans la Caraïbe (chercheurs, étudiants, bibliothèques, musées, institutions de recherche ou d'enseignement...). Les personnes intéressées peuvent en faire la demande en communiquant leurs coordonnées complètes (adresse postale, email, téléphone) à Elise Cousin (mail) responsable de la documentation au SRA Guadeloupe. Le BSR 2011-2013 est en préparation et paraîtra début 2015.

lundi 14 juillet 2014

Guadeloupe, Sainte-Anne : Exploration archéologique d'une épave datant du XIXe siècle

Epave_SteAnne_2014.jpg Du 20 juin au 15 juillet s'est déroulée prés de Sainte-Anne une opération sous-marine sur une épave. Cette fouille autorisée par le DRASSM a été réalisée par l'Association archéologie Petites Antilles sous la direction de Jean-Sébastien Guibert (projet "Navigation antillaise"). Ce navire transportait un chargement de charbon. Bien que des vérifications restent à faire, l'équipe pense qu'il pourrait s'agir d'un brick anglais appelé le Mary-Ann alors en route pour Trinidad et dont le naufrage est signalé dans la Gazette officielle de la Guadeloupe de juin 1866.

cliché : plongeur réalisant un relevé sur l'épave (AAPA 2014)

vendredi 11 juillet 2014

Guadeloupe, Martinique : Jean-Sébastien Guibert nommé maitre de conférences à l'Université des Antilles

Jseb2 Jean-Sébastien Guibert archéologue-historien est nommé maître de conférences à l'Université des Antilles, où il rejoint l'équipe AIHP-GEODE. Jusqu'ici professeur des lycées en Histoire Géographie, mais aussi animateur de l'Association Archéologie Petites Antilles AAPA qui opère essentiellement en archéologie maritime, Jean-Sébastien Guibert a soutenu en mai 2013 un doctorat d'histoire sur un sujet touchant aux naufrages et au transport maritime en Guadeloupe : "Mémoire de mer, océan de papiers - Naufrage, risque et fait maritime à la Guadeloupe (Petites Antilles) fin XVIIe – mi-XIXe siècles". Il continuera bien sûr ses recherches sur l'ensemble des îles antillaises.

vendredi 29 mars 2013

Fouille du quartier des esclaves de l'Habitation Barbotteau à Port-Louis (Guadeloupe)

poteau La Pieta Une fouille préventive préalable à un projet de construction s'est déroulée ce mois de mars à Port-Louis. Une équipe de l'INRAP, dirigée par Nathalie Serrand, a dégagé sur 1,5 ha les vestiges du quartier des esclaves de cette Habitation datant du XVIIIe siècle. Les traces visibles consistent en centaines de trous de poteaux creusés dans le rocher et dessinant le plan des cases où vivaient les esclaves. Sur une partie du site ont également été retrouvés des assises de murs pouvant correspondre à aux installations industrielles de la plantation.

mercredi 26 septembre 2012

Atlas des Patrimoines

Atlas patrimoines L'Atlas des Patrimoines, projet du Ministère de la Culture est en ligne depuis avril 2011. Sa mise à jour pour la Guadeloupe a commencé et peut être consultée sur Atlas des Patrimoines Guadeloupe. Les couches sont en cours d'injection. Vous y trouverez à cette date :

  • Monuments historiques de Guadeloupe et abords
  • Patrimoine bâti historique de la ville de Basse-Terre
  • Moulins à vent de Guadeloupe et Saint-Barthélemy

et à venir :

  • Monuments historiques de Saint-Barthélemy et Saint-Martin
  • Opérations archéologiques
  • Zones de présomptions de prescriptions archéologiques

samedi 4 décembre 2010

Dans les librairies : La Guadeloupe et ses trésors. Le Patrimoine archéologique de l'île papillon. de David Laporal

La Guadeloupe et ses tresors Dans la collection "Promenades archéologiques" aux éditions errance

On ne peut que saluer la parution d'un nouveau livre grand public sur le patrimoine de la Guadeloupe. Le titre de l'ouvrage est un peu trompeur puisque presque la moitié du livre est consacré au patrimoine colonial non archéologique. J'ai l'ai juste feuilleté et j'avoue que je suis assez déçu : quel dommage que l'auteur n'ait pas pris l'attache des archéologues de Guadeloupe (et il y en a) afin de procéder aux nécessaires relectures. Le texte est émaillé d'erreurs, comme par exemple la mention de cultures qui n'existent pas (le "Suazan-Saladoïde" page 58), ou celle du site de Baie aux Prunes comme site précéramique. La mise en page est parfois hasardeuse (le chapitre sur les fouilles du cimetière d'esclaves de l'Anse Sainte-Marguerite se retrouve dans la section sur les pétroglyphes !). Les cartes ne correspondent pas toujours à ce qui est dit dans le texte (ex. Huecoïde p. 66-67 ou celle des roches gravées p. 100-101). La partie introductive est franchement un peu longue (50 pages). Certains thèmes sont carrément oubliés (comme les fouilles du village d'esclaves de la Mahaudière). La recherche archéologique semble s'arrêter vers 2001 : rien n'est dit sur les découvertes les plus récentes contrairement à ce qu'affirme le résumé au dos de l'ouvrage. Bien sûr la lecture plaira au non connaisseur qui y apprendra tout de même quelque chose, la plupart des informations y étant globalement exactes et bien exprimées, car David Laporal "s'y connait".

La parution de cette publication, écrite sans la participation des acteurs principaux de la recherche, illustre notre difficulté à organiser la discipline archéologique en Guadeloupe, et en particulier à développer l'emploi public nécessaire. David Laporal est un personnage brillant qui aurait du trouver sa place dans les institutions de Guadeloupe. Cela ne s'est pas produit ce qui explique peut être la difficulté qu'il a eu à s'associer à d'autres chercheurs locaux pour l'écriture de ce livre.

vendredi 13 février 2009

4e CIRA DOM

La quatrième réunion de la Commission interrégionale de la recherche archéologique pour les départements d'Outre-Mer se tiendra à Basse-Terre du 31 mars au 2 avril 2009. Cette commission composée de 6 rapporteurs examine les différents dossiers de la recherche archéologique dans les départements d'outre-mer : projets d'opérations archéologiques et rapports d'opérations sont passés au peigne fin. Les avis fournis sur la qualité scientifique des dossiers sont un précieux concours au suivi des dossiers par les Conservateurs régionaux de l'archéologie.

jeudi 22 janvier 2009

Conférence : Le patrimoine industriel sucrier : émergence, déclin, valorisation

le 23 janvier 2009 - Hotel de la Région. Basse-Terre

Conférence Alain BUFFON - Le patrimoine industriel sucrier : émergence, déclin, valorisation
reportée ultérieurement pour cause de mouvement social

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